Samedi 23 avril 2005

Je vous présente une leçon dont le sujet est Amour et Amour de soi, facteur tragique et comique, dans le Misanthrope de Molière.

Parmi les incohérences de l’amour traité par Molière, Aimer ce qui ne convient pas est le ressort le plus souvent utilisé, car il contient un impact dramatique, éternel et pose la douloureuse question de, la difficulté d’aimer.

Aimer ce qui ne convient pas, source d’erreur et de conflit, pousse les personnages au choix crucial de l’Amour, le choix entre l’Amour tout court et l’Amour de soi.

Et lorsque dans l’Acte IV scène 3, Célimène dit à Alceste : « Non vous ne m’aimez pas comme il faut que l’on aime », elle veut lui imposer sa propre façon d’aimer et il répond qu’il souhaiterai : « Que le ciel, en naissant ne vous eût donné rien, que vous n’eussiez ni rang, ni naissance, ni bien et que j’eusse la joie et la gloire, en ce jour, de vous voir tenir tout des mains de mon amour ». Etrange Amour qui aboutit à la négation de l’être aimé, comble de l’égocentrisme, il veut qu’elle n’existe qu’à travers lui, car Célimène à sa propre personnalité, son entourage, son argent, son libre arbitre. Situation exceptionnelle à l’époque.

Molière évoque ainsi, avant la lettre, un des problèmes fondamentaux des couples modernes : l’Indépendance des Femmes.

Chacun des deux héros promènent avec lui son univers, il les confronte à armes égales et ces univers sont irréductibles l’un à l’autre. Et cette passion déraisonnable qu’elle ceste tant de combattre. Cette passion est parfois profondément touchante, lorsque par exemple Alceste le pure, l’intransigeant, l’ennemi fanatique du mensonge supplie Célimène de lui mentir. Acte IV, scène 3 : « Efforcez vous ici de paraître fidèle et je m’efforcerai moi de vous croire telle ».

A l’acte V, il espère encore la changer, mais cet espoir est chimérique, on ne peut pas changer un être et on a pas le droit d’exiger ce changement. A travers des excuses embarrassées et dans le langage précieux du XVII ème siècle, c’est ce que Célimène veut faire comprendre à Alceste. Ce qu’elle veut lui dire c’est : « Si tu m’aimes accepte moi comme je suis parce que je ne changerai pas, accepte moi comme je suis et je t’accepterai comme tu es ».

On pourrait croire que je suis hors sujet, parce que j’utilise ma vie privée, mes propres émotions au milieu d’un exposé didactique, c’est risquez certainement mais, si je prend le risque de vous parlez de l’Amour et de l’Amour propre aujourd’hui c’est parce que rien a changé et qu’il est aussi difficile qu’au XVII ème siècle de concilier l’Amour et l’épanouissement personnel.

Alceste est intransigeant, égoïste, possessif; Célimène est légère, irresponsable, infidèle, mais s’il acceptai leur défaut, s’il parvenait à sourire de leur différence, ce serai la victoire de l’Amour sur l’Amour propre, seulement ces sacrifices ne sont dignes que d’un grand amour, et comment reconnaît on un grand Amour? Le jour où l’on s’aperçoit que le seul être au monde qui peut vous consolez c’est celui qui vous a fait mal, alors on sait qu’on est un couple.

Le Misanthrope, comédie ou tragédie? Musset disait en sortant d’une représentation, lorsque l’on vient d’en rire on devrait en pleurer, et c’est vrai, assistez à l’échec d’un grand Amour, c’est terriblement triste, imaginez les deux héros a jamais rejeté au désert de leur solitude, c’est une désolation, je crois que c’est cela le message de Molière pour nous tous à travers le temps.

Oui c’est à vous s’il vous plait, que ce discours s’adresse, il y a-t-il quelqu’un parmi vous qui aime assez l’être qu’il dit aimer pour préféré son bonheur au sien ? Pour le laisser vivre à son rythme, pour pleurer de ses déceptions, rire de ses joies, et je terminerai avec ses mots d’Alfred de Musset : « Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; Toutes les femmes sont perfides, vaniteuses, artificieuses, curieuses et dépravées ; Mais il y a au monde une chose, sainte et sublime, c’est l’union de ces deux êtres si imparfaits et si affreux.

publié dans : petitefleurbleue
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Commentaires

Salut

J'aime beaucoup ton blog, car les textes que tu as choisis sont très jolis. J'ai cru au début en lisant l'analyse sur le Misanthrope qu'elle était de toi... Et je dois t'avouer que j'ai été légèrement déçu quand j'en ai reconnu l'origine. Seule une légère déception,car cette analyse de la pièce de Molière sort du commun et qu'elle m'a rappelé un film que je n'ai vu que partiellement, à savoir l'Etudiante avec Sophie Marceau.
Du coup aussi le regret que tu ne mettes pas les sources. J'ai lu d'autres textes sur ton blog, dont des poèmes vraiment très touchants, mais j'aimerais bien en connaître les auteurs.

Alors, stp, affiche tes sources

A bientot

Guillaume

P.S: Pas mal les photos...
commentaire n° : 1 posté par : Frison Guillaume le: 16/09/2006 23:20:22
Hum... Oui citer les sources ça peut ne pas être mal... 
La p'tite Sophie Marceau ne dit pas "Et cette passion déraisonnable qu’elle ceste tant de combattre", mais plutôt :
"Et cette passion déraisonnable qu'Alceste tente de combattre".

Bye.
commentaire n° : 2 posté par : Joanna le: 14/04/2008 16:20:45

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